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Les romans vont où ils veulent. La Grande Intrigue IV

Littérature

Les romans vont où ils veulent. La Grande Intrigue IV

François Taillandier

La Grande Intrigue , vaste suite romanesque en cinq tomes dont voici le quatrième (avant la parution annoncée du cinquième à l'automne), s'affirme de volume en volume comme une entreprise majeure dans le paysage romanesque français. Que peut encore le roman, dans son « aspiration à prendre le monde en charge », comme il est dit à propos de Nicolas Rubien, le personnage d'architecte amoureux de sa cousine Louise, que l'on retrouve comme de vieux amis dans cette livraison ? Peut-être ceci : offrir une vision éclatée de notre monde de plus en plus opaque, où les connexions se font au gré de hasards et de cohérences aventureuses, pour tenter d'en recomposer un possible sens. Car, si « les romans vont où ils veulent », ils restent la voie royale, le genre majeur, par leur plasticité et leurs pouvoirs presque infinis de liberté formelle, à même d'assumer cette mission. Et le roman de Taillandier va vraiment où il veut, avec bonheur. Satirique, digressif, formidablement libre de forme comme de propos, au rebours des modes intellectuelles (dans une subtile défense du catholicisme, par exemple) comme des errances de la postmodernité, il nous entraîne tour à tour dans une partouze terminale qui semble rejouer l'épisode de La Chute de Camus ; dans les questionnements douloureux, écho de ceux de l'auteur lui-même, d'un prêtre déboussolé par la modernisation, car « un monde qui veut exister sans religion antagonique ne se verra plus, n'existera plus » ; dans les projets fous d'un certain Fou-Fou, un Chinois génie de la com par Internet qui a décidé d'imposer au monde une langue unique, l'Unilog, afin de gagner du temps et des parts de marché ; dans la tête d'un écrivain africain, Athanase, qui se remémore les horreurs perpétrées sur son continent, où apparut l'humanité ; et même dans l'intimité de l'auteur, au cours d'une belle péroraison finale en forme de confession parfois énigmatique, où se déploient, entre ironie et ferveur, les éclats d'une quête spirituelle toujours inachevée.

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