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Emission :Acoustic

Moriarty

17 mai 2018Durée :26 min

Avec « Echoes from the borderline », le groupe Moriarty célèbre les dix ans de la sortie de leur 1er album. Vingt-quatre titres enregistrés pendant les tournées, des versions et chansons inédites, performances acoustiques, expérimentations diverses... La quintessence de 800 concerts et des 514 000 kilomètres parcourus.

Présentation : Sébastien Folin ; réalisation : Philippe Sommet.

Plus d'info sur l'épisode

Biographie

Qui est Moriarty ? Première évidence : Ce sont des brouilleurs de pistes professionnels. La seule chose dont on soit sûr, c’est qu’ils sont cinq artistes d'origine française, américaine, suisse et vietnamienne.

Tous vivent, créent et cultivent leurs excentricités dans un territoire qu’ils nomment "Moriartyland". On ignore d'où ils viennent ; ils sont arrivés là vers la fin du siècle dernier, et puis ils sont restés. Comme ils chantent en anglais, on suppose que certains d'entre eux seraient venus d'Amérique…

Et sa musique ? Comme dans toutes les belles histoires, la musique de Moriarty est née d'une série de hasards et d’accidents. On s'en doute un peu en découvrant ces morceaux que l’on croirait évadés d’un cabaret folk déglingué : une acoustique nue, faite d’aspérités et d’imprévus, tissée autour de la voix puissante et profonde de cette diva sortie d’un autre temps. Cette musique est peuplée par des présences lointaines : folk américaine et irlandaise donc, blues rural du sud des Etats-Unis, country hantée et élégamment poussiéreuse, et peut-être même le revenant d’un exilé allemand ressemblant étrangement à Kurt Weill. Et surtout, elle raconte des histoires...

Comme celle de Lily, partie à l’armée à 19 ans, qui s'est confiée à Moriarty au dernier soir de sa vie civile. Parfois, ce n'est que pure fiction… des chansons aux allures de nouvelles ou de courts-métrages où l'on croise des personnages qui nous évoquent ces visages aux regards intenses des photos prises pendant la Grande Dépression ou les héroïnes fragiles saisies par l'objectif de Lewis Carroll.

A quoi ressemble Moriarty ? Il faut imaginer une petite troupe sur la scène. La diva et ses quatre musiciens sont regroupés autour d'un micro unique, planté entre un vieux bureau et un paravent. Ils cultivent une élégance intemporelle et un certain sens du décorum, histoire d'entraîner le public hors du temps, de le faire rêver les yeux grands ouverts. Ils jouent sur des instruments acoustiques, dont une guitare de 1957, qui aurait appartenu à Joan Baez.

Moriarty a une prédilection pour les objets détournés. Son terrain de chasse favori est la réserve de la compagnie de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, parrains du groupe qui ne soupçonnent pas que leurs protégés leur ont "emprunté" des grelots ou une sonnette d'hôtel venus rejoindre les fameuses valises et une antique machine à écrire Olivetti au rayon des instruments inattendus qu'on entend sur l'album. Pas d’emprunts, en revanche, pour la voix de la diva, qui n'appartient qu'à elle et rien qu'à elle.

Alors au final, qui est Moriarty ? Le héros fugitif d’un roman de Jack Kerouac (ou peut-être était-ce Conan Doyle ?); Un inconnu ayant légué son nom à une ville perdue du Nouveau-Mexique; Un aviateur qui décida un beau matin de mai de voler sous la Tour Eiffel; une énigme; un anachronisme musical; une patrie d’adoption ?

Moriarty avec "The Missing Room" continue dans le registre du storytelling, le dogme familial, mais plus électrocuté. Les chants ont grossis, grandi sur scène pour faire exister l'album "en vrai".

En 2013, c'est la sorite d'un nouvel album "Fugitives" où le groupe rend hommage aux songwriters et bluesmen, comme Woody Guthrie, Hank Williams, Mississippi John Hurt, Blind Willie Mc Tell... accompagné de quelques invités – Wayne Standley, Moriba Koïta, Don Cavalli & Mama Rosin.

En 2015, le groupe publie "Epitaph" et distille une folk énergique et pleine d'imagination, dans la lignée des précédents albums.

Pour fêter les dix ans de la sortie de notre premier album ("Gee Whiz But This Is a Lonesome Town", en octobre 2007), nous avons décidé de nous lancer dans ce grand projet d'album live: 24 titres enregistrés sur scène - par le groupe lui-même et ses fidèles ingénieurs du son - au fil des quelques 800 concerts égrenés au cours de cette décennie... une course folle, 514'000 kilomètres parcourus autour du globe, entre la France et le Japon, l'Inde et l'Australie, les USA et l'Europe..

Site internet de l'artiste


Texte réactualisé le 29 mars 2018  

Discographie

2017 : Echoes from the borderline
2015 : Epitaph
2013 : Fugitives
2011 : The Missing Room
2008 : Gee Whiz but this is a lonesome town 

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