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Zéroville

Littérature

Zéroville

Steve Erickson

Encore peu connu en France, Steve Erickson (à ne pas confondre avec l'auteur d' heroic fantasy Steven Erikson), éminence du journalisme culturel, a promené sa plume dans toute la presse américaine, d' Esquire et de Rolling Stone au Los Angeles Magazine, où il officie aujourd'hui comme critique de cinéma. Le septième art est le sujet de ce roman postmoderne bizarroïde et captivant, au titre en forme de clin d'œil à Godard (Alphaville) et à la construction toute cinématographique (un empilement de petits paragraphes numérotés en palindrome, de 1 à 227 et retour). Le héros, Vikar, un tatouage représentant Montgomery Clift et Liz Taylor sur son crâne rasé, débarque à Hollywood par le car Greyhound. Ingénu, mutique et un peu lent, ce jeune homme lunaire semble ne rien comprendre au monde qui l'entoure, mais voue un culte au cinéma de l'âge d'or. Au fil des rencontres, il est embauché comme monteur, ce qui lui permet de mettre en œuvre sa conception du montage comme langage ultime et moyen de révéler les « vrais » films cachés sous les rushes . Semi-débile ou génie introspectif ? Erickson balade cet antihéros d'Hollywood au Festival de Cannes à travers des scènes burlesques (on pense à un mélange de Lynch et de Barton Fink) truffées de dialogues délirants et de personnages tous plus décalés les uns que les autres. Bijou de littérature pop, ce roman est aussi un hommage ironique à la mythologie hollywoodienne et une réflexion sur le cinéma qui, plus qu'un divertissement ou une industrie, est en Occident un prisme pour regarder le monde.

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