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Mort du photo-reporter Olivier Voisin, blessé en Syrie

L'œil de la rédaction

syrie-2013

Mort du photo-reporter Olivier Voisin, blessé en Syrie
Le photographe français Olivier Voisin, 38 ans, a succombé à ses blessures dans la nuit du samedi au dimanche 24 février 2013. Il avait été touché par des éclats d'obus dont l'origine n'a pas été clairement déterminée jeudi 21 février, alors qu'il couvrait le conflit syrien. 
25.02.2013 - Durée : 01:22L.Anaki, T.Donzel, J-C.Guichard, E.Metge, L.Kalmus
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25.02.2013Anna Ravix"J'avais un mauvais pressentiment, je lui avais envoyé un texto il y a trois jours... Je la sentais pas son histoire, il était resté trop longtemps." Guillaume Lhotellier était un ami d'Olivier Voisin, le photo-journaliste décédé dimanche 25 février 2013 alors qu'il couvrait le conflit syrien. Lui même journaliste reporter d'images, Guillaume Lhotellier avait rencontré "Oliv" en Syrie, en août 2011. Depuis, ils avaient chacun refait le voyage plusieurs fois, "lui y est allé trois fois, au mois d'août, début janvier, et là".

Olivier Voisin était arrivé en Syrie le 9 février 2013. Il s'est retrouvé piégé alors qu'il suivait les attaques d'un groupe de rebelles syriens dans la région d'Idlib (au Nord du pays). Malgré son transfert, le jour même, à l’hôpital d'Antakya en Turquie, il a succombé à ses blessures dans la nuit du samedi au dimanche 24 février.

La veille du jour où il a été blessé, Olivier Voisin avait envoyé à l'une de ses amies un long message dans lequel il décrivait son quotidien, mais plus profondément son métier de photo-reporter, les joies de l'adrénaline et les difficultés à travailler en tant qu'indépendant.

"C'est vrai, je suis accro à cette cam' de merde. Aucune autre drogue sera aussi puissante que l'adrénaline qui d'un coup fait jaillir en nous des sensations incroyables, notamment celle de vouloir vivre". Son ami Guillaume Lhotellier partage cette addiction, "on est tous accros quand on fait ça" explique-t-il, "Dès qu'il y a un conflit, un événement, on a tous envie d'y aller très vite. On n'a pas envie de passer à côté parce que c'est le cœur même du métier". Pourtant, Olivier Voisin n'"était pas une tête brulée, il prenait des risques oui, mais comme on en prend tous" explique Guillaume Lhotellier.
Photo d'Olivier Voisin dans le quartier de Baba Al Nasr, à Alep en Syrie le 20 Aout 2012

"Si ta photo n'est pas bonne, c'est que tu n'étais pas assez près"

Robert Capa, modèle de photo-journaliste par excellence énonçait: "Si ta photo n'est pas bonne, c'est que tu n'étais pas assez près". L'adage a marqué durablement la profession, et ce sont les photographes qui semblent le plus exposés au danger. A deux jours près, il y a un an, c'est un autre photo-reporter français de 28 ans, Remi Ochlik qui trouvait la mort alors qu'il couvrait le calvaire des habitants de Homs.

Mais plus particulièrement, ce sont les photo-reporters indépendants qui payent le prix le plus fort de leur passion. "Il était tellement passionné par son boulot, c'était pas très bien payé, il avait du mal à vendre ses photos alors que c'était un excellent photographe, et ça c'est valable pour tous les photo-reporters malheureusement" déplore Guillaume Lhotellier. "Moi je ne me plains pas, je suis caméraman pour la télé, je suis très bien payé, donc je trouvais terrible ce système pour les photo-journalistes, de toujours devoir être en première ligne pour vendre d’hypothétiques photos."

"Je ne suis que le petit Olivier, qui crève la dalle (...)" écrit Olivier Voisin dans sa dernière lettre. "Olivier était frustré parce que son premier voyage en Syrie n'était financièrement pas une bonne opération, c'est ça qui est terrible avec ce système, les free-lances partent comme ça, sans vraiment avoir de commandes, ils financent sur leurs fonds propres, c'est un système très pervers, il faut y retourner pour vivre" explique Guillaume Lhotellier. "C'est sûr qu'une photo de Beckham qui sort de la gare du Nord, ça rapporte plus d'argent et c'est plus facile à faire. Le système n'est pas très juste."
Zoom:
Photo d'Olivier Voisin au quartier de Baba Al Nasr à Alep en Syrie le 20 Aout 2012

La guerre oubliée

"La Syrie c'est quand même un conflit particulier, dont finalement tout le monde se fout" regrette Guillaume Lhotellier. Mais pas assez pour décourager ces reporters de guerre, "C'est vraiment une sale guerre mais je pense qu'il faut continuer à y aller, il ne faut pas s’arrêter pour ça" explique le caméraman qui revient tout juste d'un reportage au Mali. "'Oliv' détestait qu'on arrête d'aller couvrir ces terrains là. Evidemment il faut continuer, c'est pas du tout une question d'être suicidaire, mais il faut aller témoigner, et moi personnellement, je suis encore plus motivé pour continuer, ça c'est sûr".

"C'était un camarade formidable, apprécié par tout le monde, excellent camarade de terrain, excellent ami en dehors du terrain, un vrai photographe free-lance qui en chie, qui a du mal a vivre de son métier, mais qui contribue à le faire, et qui le faisait très bien" conclut son ami Guillaume Lhotellier.



SYRIENNE, Rép. arabe

Chef de l'Etat : Président Bachar el-Assad
Capitale : Damas
Superficie : 185 180 km2²
Population : 22 400 000 habitants
Gentilé : Syrien, Syrienne

Le conflit syrien - 2013

Le conflit syrien - 2011

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