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Cannes 2012: La Pirogue, de Moussa Touré

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Cannes 2012: La Pirogue, de Moussa Touré
Sélectionné en compétition au festival de Cannes 2012, dans la section "Un certain regard", "La Pirogue", le film de Moussa Touré, a été ovationné lors de sa première projection en présence de l'équipe du film et du ministre de la Culture sénégalais, Monsieur Youssou N'Dour. Un film d'une rare justesse, magnifiquement porté par les comédiens, et on se laisse happer par cette aventure que l'on aurait attendue sous forme de documentaire, mais qui vient cueillir nos émotions sous la forme d'une fiction... 

L'intrigue :

Un village de pêcheurs dans la grande banlieue de Dakar, d’où partent de nombreuses pirogues. Au terme d’une traversée souvent meurtrière, elles vont rejoindre les îles Canaries en territoire espagnol.
Baye Laye est capitaine d’une pirogue de pêche, il connaît la mer. Il ne veut pas partir, mais il n’a pas le choix. Son frère fait partie du voyage, le capitaine de la pirogue ne connait pas assez bien la mer, et au pays, aucun avenir n'est possible...
Il devra conduire 30 hommes en Espagne. Ils ne se comprennent pas tous, certains n’ont jamais vu la mer et personne ne sait ce qui les attend au bout du voyage...

Ce qu'on en a pensé...

Le film de Moussa Touré vient nous cueillir là où l'on ne l'attendait pas.
Déjà le thème : ces milliers de Sénégalais et d'Africains qui décident de traverser l'océan dans d'immenses pirogues en bois, sans abris ni confort, parfois sans réelles connaissances de la mer. Bravant tous les dangers. Ne sachant parfois pas nager.
C'est une réalité, et des documentaires et reportages existent sur le sujet. Mais jamais nous n'avons vécu cette traversée de l'intérieur. Nous connaissons les images de ceux qui partent, et de ceux qui arrivent. Mais pendant cette traversée, achetée à prix d'or, que se passe-t-il ? Les hommes ont laissé femme et enfants au pays, ils s'en vont vers ce paradis promis, ils ne parlent pas tous le même dialecte, certains n'ont aucune idée de ce qu'est une traversée en mer...
Le passeur, homme cynique et vénal, fait la traversée avec les hommes. Moussa Touré compare son personnage à l'Etat sénégalais qui a préféré laisser partir les jeunes, et toucher de l'argent de l'Espagne pour qu'ils restent au pays, plutôt que de les faire travailler.
Certains passages du film nous font nous interroger sur notre humanité, sur nos propres limites face à notre survie. Quand la pirogue croise au loin une autre pirogue en détresse, et que les hommes entendent les cris, les appels à l'aide des naufragés assoiffés et désespérés... On ne peut qu'imaginer ce qu'ont dû vivre comme dilemme ces marins de fortune. Vivre ou aider ? Il faut choisir. Vivre avec la culpabilité d'être partis, d'avoir détourné le regard, ou aider ces hommes et abandonner tout espoir de s'en sortir, les rations étant limitées et la pirogue déjà surchargée...

La question se pose aussi sur ceux qui restent au pays, comment ces familles vivent-elles le départ de leurs proches, dans de telles conditions et pour une durée indéterminée ? Et les femmes ? Le film montre que les femmes prennent aussi des décisions radicales et fortes. Un équilibre doucement ramené à niveau, un pas de la part de ce réalisateur qui remue avec brio les clichés et les idées reçues.
Un film à voir donc, autant pour sa sensibilité et sa vision lucide que pour ses comédiens, parfaitement choisis.

Le réalisateur Moussa Touré

Originaire du Sénégal, Moussa Touré commence très jeune sa carrière dans le cinéma en tant que technicien (électricien, assistant réalisateur), pour réaliser son premier court-métrage en 1987, puis son premier long-métrage en 1991, TOUBAB BI, primé de nombreuses fois.
En 1987, il crée sa société de production, Les Films du crocodile (Dakar), avec laquelle il finance notamment depuis ses différents documentaires, remarqués et récompensés dans de nombreux festivals. En 1997, il réalise TGV, avec Makéna Diop, Bernard Giraudeau et Philippine Leroy-Beaulieu, véritable succès populaire en Afrique.
À ce jour, Moussa Touré a réalisé une dizaine de films, tous genres confondus.
En 2002, il initie le Festival «Moussa invite» à Rufisque au Sénégal. Ce festival fait la promotion de documentaires africains réalisés par des Africains. En 2011, le FESPACO (Festival panafricain du Cinéma de Ouagadougou) lui confie la présidence du jury des
films documentaires.

Fiche technique :

UN FILM DE MOUSSA TOURÉ
Durée 1h27

avec
SOULEYMANE SEYE NDIAYE   LAïTY FALL   MALAMINE DRAMÉ "YALENGUEN”  
BALLA DIARRA   SALIF "JEAN” DIALLO   BABACAR OUALY   MAME ASTOU DIALLO
SAIKOU LÔ   NGALGOU DIOP   LIMAMOU NDIAYE   diodio NDIAYE   MOHAMED FALL  
BAchIROU DIAKHATÉ   MOCTAR DIOP "TINO”

Scénario et dialogues
ÉRIC NÉVÉ et DAVID BOUCHET
D’après une histoire originale de ABASSE NDIONE

Extrait du film

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