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Marie Arena

Le Bar de l'Europe

Emission du
Dimanche 7 Juin 2015

Marie Arena

Marie Arena est députée européenne et elle a été à plusieurs reprises minitre en Belgique. Elle vient de faire voter au Parlement européen un texte contre les minerais du sang.

MENU DE LA SEMAINE

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Au menu cette semaine, un Caprice des dieux…


Lors de sa précédente venue au Bar de l'Europe, il y a tout juste une année, notre invitée avait goûté au même menu. Au-delà du fromage, "Caprice des dieux", c'est aussi le surnom du Parlement européen, à cause de sa forme... Alors, depuis un an que Marie Arena observe ce Caprice de l'intérieur (elle a été élue en 2014), y a-t-elle trouvé des vers ? Dans cette vie au Parlement européen, qu'est-ce qui l'étonne le plus ?

LA QUESTION SURPRISE

Zoom:LA QUESTION SURPRISE
Notre invitée a tiré une boule jaune et est tombée sur la question suivante :

Au Parlement européen, se sont les lobbies qui mènent la danse ?

Voici d'autres questions iconoclastes auxquelles elle a échappé :
- Si vous deviez parier, le TTIP c’est pour 2015, 2016 ou jamais ?
- Les footballeuses font leur entrée dans le célèbre jeux de foot FIFA 16. Une bonne nouvelle pour l’égalité homme-femme ?

BREVES DE COMPTOIR

À propos des "minerais du sang" : "Ces conflits ne peuvent pas prendre fin tant que les industries continuent à payer les armées, ou à corrompre les régimes... il y a vraiment là un nœud pour lequel nous avons un travail à réaliser. Bien entendu, il y a la responsabilité de ces pays qui doit être prise, mais nous avons aussi notre responsabilité."

"Tous les produits qui seront vendus en Europe, à l'état final, qu'ils soient produits en Europe ou à l'extérieur, devront garantir que toute la chaîne d'alimentation est éthique."

"On ne peut pas tout vouloir : à la fois vouloir les richesses de ces pays et en même temps ne pas vouloir les personnes qui sont en train d'y mourir."

Pour aller plus loin...

Zoom:Pour aller plus loin...
(cc/Flickr/Fairphone)

« Fairphone », un mobile « éthique » ?

07.06.2015Matthieu Agosta
Non, toutes les routes qui mènent à la fabrication d’un smartphone ne sont pas entachées de sang et de pollution. Depuis un an, la coopérative Fairphone commercialise un mobile « éthique ». 


Des morts, tous les mois, dans des mines en Centrafrique, le financement d’une guerre civile, des enfants exploités en Chine et des villes polluées. Voilà le bilan tiré par l’émission Cash Investigation de France 2, en novembre 2014, sur la fabrication des smartphones. De l’extraction des matières premières à l’assemblage des téléphones, les violations des normes humaines et environnementales sont légion. Tous les grands groupes du secteur sont concernés : Apple, Samsung, LG, ou encore Huawei. La fin du reportage laisse tout de même une lueur d’espoir à ceux qui souhaitent se servir d’un smartphone sans se salir les mains : le « Fairphone ». 

Produit par une coopérative hollandaise portant le même nom, le Fairphone est présenté comme un smartphone « éthique ». Il est vendu à 310 euros, et son rapport qualité/prix est plus ou moins celui de ses concurrents. Mais il a quelque chose que les autres n’ont pas. La coopérative promet à ses clients un téléphone recyclable, facile à réparer, et surtout, un téléphone qui respecte l’environnement et les droits de l’Homme. Le slogan de Fairphone : « Ensemble, on peut changer la manière dont sont fabriqués les produits ».


« Investir dans le bien-être des employés »

Est-il vraiment possible de vendre un smartphone « propre », qui passe par des intermédiaires d’au moins trois continents différents à un prix accessible ? Fairphone affirme : « Nous collaborons étroitement avec des usines qui veulent investir dans le bien-être de leurs employés ». Pour l’assemblage de ses mobiles, la coopérative fait appel à une entreprise chinoise. Cette dernière est contrainte d’adopter un code de conduite veillant au bon traitement de ses ouvriers. Dans ce code, interdiction d’employer des enfants et de faire travailler une personne plus de 60 heures par semaine.

Des conditions difficiles, mais plus humaines que ce que laissaient croire certains employés de sous-traitants de grandes marques comme Huawei, devant les caméras de Cash Investigation. Ja Ja, 13 ans, affirmait travailler « plus de 13 heures par jour », avec seulement « un jour de congé toutes les deux semaines ».

Mais dire ne collaborer qu’avec des entreprises qui respectent leurs employés est une chose. Le faire en est une autre. Sur son site internet (lien en anglais), Apple jure exiger de ses fournisseurs qu’ils traitent leurs employés « de façon juste et éthique ». Cela ne l’empêche pas d’être accusé par l’ONG China Labor Watch de négligences et d’exploitation d’enfants.

« On ne peut pas dire que tout l’or, le tantale, ou l’étain de nos téléphones sont éthiques », admet Tessa Wernink, une dirigeante de Fairphone. Bas Van Abel, le PDG de la coopérative interviewé par le quotidien Le Monde, assure qu’elle essaye pourtant de produire « le téléphone le plus équitable possible ». Pour s’assurer de la bonne foi de ses sous-traitants, le Hollandais collabore notamment avec des ONG spécialisées dans les droits de l’Homme ou dans le commerce équitable, présentes sur le terrain, comme Fairtrade ou Max Havelaar.

Surtout, Fairphone joue la carte de la transparence. Il est possible de connaître la provenance, ou au moins la zone d’où viennent les composants du téléphone. Une attitude louable lorsque l’on voit tous les bâtons qui ont été mis dans les roues de l’équipe de Cash Investigation par les grands du mobile, lorsqu’elle essayait de retracer le chaîne de fabrication de leurs téléphones.

Faute d’être un téléphone « 100% éthique », Fairphone est au moins un téléphone « plus éthique ». Un téléphone « propre » qui n’a pas grand chose à envier à ses concurrents. Il est certes moins puissant que certains, mais il est facilement modifiable, réparable, et dispose d’une très bonne autonomie. Un nouveau modèle, le Fairphone 2, devrait arriver fin 2015.

CARTE D'IDENTITE

Marie Arena

* Députée européenne (groupe socialiste)
* Ex-ministre en Belgique
* Née à Mons
Et en partenariat avec La Libre Belgique.
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