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Pierre Marcolini

Le Bar de l'Europe

Emission du
Dimanche 5 Avril 2015

Pierre Marcolini

Aujourd'hui très médiatisé, le maître chocolatier Pierre Marcolini est aussi un militant. La qualité du chocolat est-elle menacée par l'industrie agro-alimentaire ? L'Europe est-elle du côté des lobbys ou du côté des artisans ?

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    MENU DE LA SEMAINE

    Zoom:MENU DE LA SEMAINE
    Au menu cette semaine, un drôle de lapin en chocolat...


    En ce week-end de Pâques, notre invité a apporté l'une de ses créations : un lapin en chocolat très coloré, inspiré des poupées russes. A-t-il laissé tomber les petits œufs ?

    LA QUESTION SURPRISE

    Zoom:LA QUESTION SURPRISE
    Notre invité a tiré une boule rouge, et est tombé sur la question suivante :

    - Est-ce que vous mangez du Nutella en cachette ?


    Voici quelques autres questions iconoclastes auxquelles il a échappé :

    - Le chocolat blanc, est-ce du chocolat ?
    - Le chocolat belge est-il encore le meilleur ?

    BREVES DE COMPTOIR

    "Ce sont les petites rivières qui font les grands fleuves. Aujourd'hui, il y a déjà 100 chocolate maker (maîtres chocolatiers, ndlr) aux Etats-Unis, et on est une quinzaine en Europe à commencer à travailler à partir de la fève. C'est peut-être la meilleure réponse par rapport à cette pénurie : "en 2020 il n'y aura plus de chocolat". Quand je vois comment on rémunère les planteurs, je pense qu'on aura encore du chocolat en 2020 !"

    A propos des cacaoyers hybrides à croissance rapide et double rendement : "C'est comme si je vous annonçais qu'on enlève l'ensemble du vignoble français pour ne mettre qu'un seul pied de vigne qui va donner une double production."

    "Quand vous payez une tablette entre cinq et dix euros, j'ai presque envie de dire que c'est normal que ce soit fairtrade (issus du commerce équitable, ndlr) et normal que ce soit bio ! J'ai ai marre d'avoir chaque fois des tablettes où il y a marqué plein de tampons pour justifier les choses."

    Pour aller plus loin...

    Zoom:Pour aller plus loin...
    (cc/Pixabay/eliasfalla)

    De la fève au carré de chocolat : les enjeux du commerce équitable

    05.04.2015Annalena Meyer-Freund
    Chez Pierre Marcolini, on travaille le chocolat directement depuis la fève. La Maison veille à faire du commerce équitable, pour faire de son chocolat un carré unique. En 2013, à peine 1,2 % de la production mondiale de cacao a été vendue aux conditions du commerce équitable Fairtrade. Un chiffre trop bas si on veut continuer à manger du bon chocolat. 

    Car si le chocolat venait à disparaître d’ici une vingtaine d’années, cela pourrait être à cause de l’exploitation des producteurs de cacao. Leurs conditions de travail sont précaires et difficiles. De nombreux enfants et des femmes sont exploités dans les cultures de cacaoyer. Au point où les générations futures ne veulent plus travailler dans ce secteur. Pour éviter cela, Oxfam s’est engagé pour promouvoir le commerce équitable. Cette confédération d’ONG internationales milite sur le terrain pour lutter contre la pauvreté et les inégalités. La fédération spécialisée en commerce équitable se situe dans la province flamande de la Belgique.

    Limiter le nombre d'intermédiaires

    Marieke Poissonnier, en charge du dossier commerce équitable pour Oxfam, explique que l’enjeu principal de ce commerce est de limiter le nombre d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur pour pouvoir octroyer une marge plus importante aux travailleurs. Dans le commerce non équitable, l’origine du cacao n’est pas forcément traçable car de nombreux intermédiaires interviennent dans le circuit. 

    Les fèves sont récoltées par les petits producteurs. Elles sont ensuite achetées puis exportées. Pendant ce temps, à Londres et à New York, des courtiers spéculent sur le prix du cacao. Les fèves sont ensuite vendues à des grands fabricants qui transforment le cacao et le sucre en chocolat. Enfin, le produit fini arrive chez les détaillants qui vendent les confiseries aux particuliers. Au final, les petits producteurs reçoivent à peine de quoi vivre. Grâce au commerce équitable, les producteurs sont assurés d’un prix stable et fixe, même quand le marché fluctue. Ce prix est déterminé par la Fairtrade Labelling Organisation, une organisation indépendante qui fixe les critères d’obtention du label et le prix minimum pour les producteurs. L’organisation assure aussi le contrôle des activités.

    Assurer un meilleur niveau de vie aux producteurs

    Le commerce équitable permet d’accompagner et d’autonomiser les pays du Sud, et assure un meilleur niveau de vie à 1,5 million de producteurs dans le monde. Alors, comment expliquer que ce commerce ne soit pas plus répandu ?

    Pour Marieke Poissonnier, cela s’explique par le fait que ce système s’avère plus coûteux pour les entreprises, et n’assure pas forcément une meilleure qualité du produit fini. Aussi, cela obligerait les entreprises à se soumettre à quantité de normes, et surtout cela les obligerait à assurer plus de transparence dans leur commerce. Marieke Poissonnier assure que c’est là qu’il faut que l’Europe intervienne. L’Europe doit dialoguer avec les grandes entreprises pour les obliger à assurer la transparence de leurs chaînes d’approvisionnement, mais l’Europe doit aussi les sensibiliser au secteur du cacao, et notamment à l’exploitation des femmes et des enfants.

    En 2010, Ofxam a lancé une campagne d’information sur : "Le goût amer que peut avoir le chocolat pour les enfants qui le produisent". La confédération assure que la campagne a porté ses fruits. Mars et Nestlé notamment auraient introduit de nouvelles mesures pour améliorer la position des femmes dans la production de cacao.

    Sensibiliser et évaluer les entreprises

    Plus récemment en 2013, une autre campagne de sensibilisation s’est intéressée à la face cachée des marques. Dans un tableau, Oxfam évalue dix entreprises en fonction de la connaissance qu’elles ont des problèmes comme le travail des femmes, et les engagements qu’elles prennent pour résoudre ce problème. On constate ainsi que Mars et Nestlé montrent quelques progrès dans les conditions de travail des producteurs, contrairement à Kellogs.

    La demande de chocolat est en constante augmentation notamment en Inde, en Chine et au Brésil. Alors, assurer la pérennité d’un chocolat de qualité passera inévitablement par l’amélioration des conditions de travail des producteurs et notamment par un salaire décent.

    CARTE D'IDENTITE

    * Maître chocolatier
    * Artisan militant
    * Champion du monde de pâtisserie (1995)
    * Belge d'origine italienne
    Et en partenariat avec La Libre Belgique.
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