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Colette Braeckman

Le Bar de l'Europe

Emission du
Dimanche 29 Mars 2015

Colette Braeckman

Colette Braeckman vient de réaliser avec Thierry Michel "L'homme qui répare les femmes", un film sur le docteur Denis Mukwege qui soigne les femmes victimes de sévices politico-sexuels dans le Sud-Kivu au Congo. Denis Mukwege a reçu le Prix Sakharov du Parlement européen.

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    MENU DE LA SEMAINE

    Zoom:MENU DE LA SEMAINE
    Au menu cette semaine, du flan...


    En regardant le film que notre invitée vient de réaliser avec Thierry Michel, le spectateur reste comme deux ronds de flan... Il est médusé et estomaqué par ce film très dur consacré au docteur Denis Mukwege. Qui est cet "homme qui répare les femmes" ?

    LA QUESTION SURPRISE

    Zoom:LA QUESTION SURPRISE
    Notre invitée a tiré une boule jaune, et est tombée sur la question suivante :

    - Faut-il brûler Tintin ?


    Voici quelques autres questions iconoclastes auxquelles elle a échappé :

    - Le Congo est-il toujours un peu belge ?
    - Journaliste ou... militante ?

    BREVES DE COMPTOIR

    "La violence de la guerre s'est généralisée dans la société. Cette pratique du viol des femmes et des enfants s'est répandue dans la société, un peu comme des métastases."

    "Ce qu'il dit est contraire à l'image que l'on veut donner du pays, qui va mieux, qui a 10 % de croissance... Ce qui est vrai, mais en même temps il y a cette violence inacceptable."

    "Il y a quand même un début de changement, avec la mise en place de tribunaux, de chambres foraines, de tribunaux militaires... mais c'est encore totalement embryonnaire et insuffisant."

    "Cet homme parcourt en monde et reçoit les honneurs et les encouragements du monde entier. Mais il vit pratiquement assigné à résidence dans son hôpital. Il n'ose pas sortir parce qu'à plusieurs reprises des tentatives d'assassinat ont eu lieu."

    Pour aller plus loin...

    Zoom:Pour aller plus loin...
    Les saris roses apprennent à manier le bâton pour se défendre, ici en février 2009 (©cc/flickr/lecercle).

    Le gang des Saris roses en Inde : un combat pour la justice

    29.03.2015Annalena Meyer-Freund

    Les violences faites aux femmes, et notamment les viols, sont utilisées par les hommes pour asseoir leur autorité et semer la terreur. Les combats contre ces fléaux sont portés par des figures importantes à travers le monde. En République démocratique du Congo, le docteur Mukwege. En Inde, Sampat Pal Devi et son gang des saris roses. Focus sur ce mouvement qui milite pour plus de justice en Inde.



    "Si les femmes s’exprimaient, le monde changerait." Sampat Pal Devi parle au nom des femmes indiennes qui osent encore trop peu dénoncer la violence dont elles sont victimes. Pour pallier la justice défaillante et corrompue du pays, Sampat Pal Devi, âgée d’une cinquantaine d’années, s’est lancée dans le combat pour le droit des femmes. Le groupe des saris roses a plusieurs objectifs : interdire le mariage des enfants, mettre fin à la tradition de l'abandon des épouses et lutter contre les violences conjugales comme le viol. 

    Sampat Pal Devi porte à cœur ce combat, ayant été elle-même victime de mariage forcé. Mariée à neuf ans au mari de sa sœur décédée, elle est devenue mère à 13 ans. Issue de la caste des intouchables, elle a appris à lire et à écrire seule et a toujours refusé de s'incliner. Figure importante dans sa région, elle a créé ce mouvement en 2006 dans la région de l’Uttar Pradash. Située au Nord-Est du pays, elle est l’une des régions les plus pauvres et plus peuplées du pays. Dans cette partie de l’Inde, les filles n'ont pas le même droit à la vie que les garçons. De nombreuses femmes pratiquent des avortements clandestins lorsqu'elles apprennent que leur enfant est une fille, pour ne pas avoir à payer la dot du mariage.

    Depuis près de dix ans, de plus en plus de femmes viennent voir le gang pour lui demander de l’aide. Les saris roses interviennent quand un mari veut quitter sa femme, quand certaines ne sont pas écoutées par la police, ou encore quand d’autres sont noyées sous les dettes. Le groupe se déplace alors en nombre, au commissariat, chez les élus locaux ou à la banque, pour intimider et faire pression. Les femmes emportent avec elles des bâtons de berger, avec lesquels elles ont appris à se défendre.

    Les femmes du groupe, qui compterait près de 20 000 membres, portent des saris roses pour se distinguer. Une couleur sans connotation politique, une couleur qui exprime la vie selon Sampat Pal Devi.


    En Inde, une femme est violée toutes les 22 minutes

    Le problème de la violence envers les femmes est un combat important en Inde. Selon Geopolis, une femme est violée toutes les 22 minutes et une sur trois a moins de 18 ans. Et le phénomène est en constante augmentation, comme le chiffre le Bureau indien des statistiques criminelles. Les cas de viol ont augmenté de près de 900 % ces quarante dernières années, soit 24 206 plaintes en 2011. Un quart seulement de ces plaintes a abouti à des condamnations. 

    Ces dernières années, des hommes ont également rejoint le mouvement. Preuve que certains cas très médiatisés de violence envers les femmes font évoluer les mentalités. Narendra Modi, le Premier ministre indien, a déclaré lors de son premier discours au Parlement en juin 2014 : "Respecter et protéger les femmes devrait être une priorité du 1,25 milliard de personnes de ce pays". Mais les inégalités restent de taille. L'indice annuel sur la parité entre hommes et femmes, réalisé par le Forum économique mondial, indique que l'Inde a glissé de la 101e place à la 114e, sur 142 pays en 2014.

    Alors, un tel gang de saris rose pourrait-il aider la République démocratique du Congo à lutter contre les viols ?

    CARTE D'IDENTITE

    * Journaliste au Soir
    * Spécialiste de l'Afrique
    * Née à Bruxelles

    LE FILM : L'homme qui répare les femmes



    Un film de Thierry Michel, co-écrit avec Colette Braeckman.


    Thierry Michel est devenu célèbre notamment grâce à deux productions qui ont fait du bruit : Mobutu, roi du Zaïre en 1999, puis L’affaire Chebeya, un crime d’Etat ? en 2012.

    Au long de sa carrière, il a plusieurs fois été confronté à la question du viol. Dans la note d'intention publiée pour le film L'homme qui répare les femmes, il se souvient : "Dix ans plus tard, à l’occasion d’un autre film tourné en Afrique, Congo River (sorti en 2005, ndlr), j’ai remonté le fleuve et l'histoire de ce grand pays dont je suis devenu en quelque sorte le chroniqueur depuis une vingtaine d'années. Lors du tournage à Kindu, j'ai filmé la tragédie de ces femmes victimes de viols et de mutilations visant à déstructurer la cohésion sociale des familles et des communautés dont elles étaient issues. J’avais non seulement récolté de très nombreux témoignages de victimes mais aussi des témoignages insensés des violeurs, en l'occurrence les miliciens May-May qui revendiquaient cette attitude et se définissaient eux-mêmes comme des chiens enragés capables de la violence la plus extrême, y compris sur des femmes sans arme. C'est ainsi que j'ai suivi l'itinéraire d'un autre docteur dans une province voisine du Kivu, au cœur de cette région des grands lacs, théâtre depuis bientôt 20 ans de violences politiques, de luttes fratricides, de guerres ethniques dont les femmes sont parmi les principales victimes."


    Pour en savoir plus, accéder au site internet du film L'Homme qui répare les femmes.


    TV5MONDE et le secteur documentaire de la RTBF, entre autres, ont participé à la production du film.
    Et en partenariat avec La Libre Belgique.
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