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Sophie Heine

Le Bar de l'Europe

Emission du
Dimanche 22 Février 2015

Sophie Heine

Sophie Heine est politogue, "senior research fellow" à l'institut Egmont, chercheure à l'Université d'Oxford et de Bruxelles. Elle vient de publier "Genre ou liberté", un ouvrage dans lequel elle démonte les stéréotypes qui justifient la domination des hommes sur les femmes. Mais que fait l'Europe ?

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    MENU DE LA SEMAINE

    Zoom:MENU DE LA SEMAINE
    Au menu cette semaine, de la bière Jupiler...


    Le slogan de cette bière : "Les hommes savent pourquoi". Est-ce le genre de stéréotype qui nous conforte dans l'idée que les hommes sont davantage capables que les femmes d'apprécier les qualités d'une bonne bière ?

    LA QUESTION SURPRISE

    Zoom:LA QUESTION SURPRISE
    Notre invitée a tiré une boule rouge et est tombée sur la question suivante :

    - Quelle est la femme que vous admirez le plus : Brigitte Bardot, Simone Veil, Conchita Wurst ?

    Voici quelques autres questions iconoclastes auxquelles elle a échappé :

    - A quoi ressemblerait un monde dominé par les femmes ?
    - Le Parlement européen est-il machiste ? 

    BREVES DE COMPTOIR

    "A partir du moment où cela fait des années que l'on a montré ces inégalités et qu'on ne les a toujours pas résolues (...), la question, c'est "pourquoi ?". Pourquoi est-ce qu'on n'arrive pas à cette égalité entre les sexes, qui est proclamée haut et fort d'un autre côté ?"

    "L'idée même de stéréotype suppose une intégration de ces préjugés et de ces idées reçues par tout le monde, y compris par les victimes."

    "Malheureusement, je pense que les très jeunes générations ne sont pas suffisamment conscientes ni des inégalités, ni des stéréotypes qui permettent de les justifier."

    "Ces clichés sur le genre affectent aussi des hommes. Les clichés sur le masculin peuvent être extrêmement enfermants."

    Pour aller plus loin...

    Zoom:Pour aller plus loin...
    (cc/Pixabay/geralt)

    Voyage au pays des stéréotypes

    22.02.2015Alexia de Marnix
    "Jeanne coiffe sa poupée, Thomas répare son camion jouet". Et si c'était... "Thomas coiffe sa poupée, Jeanne répare son camion jouet" ? Cela vous fait sourire ? Au pays des stéréotypes, les filles sont douces et fragiles, les garçons forts et courageux. Ces clichés restent figés dans l'imaginaire populaire. Avec eux, une vision réductrice du monde se construit, où les garçons dominent et où les filles sont réservées. 

    Le CEMEA (Centre d'entraînement aux méthodes d'éducation active) a pour leitmotiv : "L'éducation s'adresse à toutes et à tous, sans distinction d'âge, de culture, de conviction, de situation sociale... et de sexe". En 2003-2004, l'association, installée à Paris et à Bruxelles, lance une enquête sur l'égalité des genres dans l'éducation des jeunes enfants. Le constat, frappant, montre qu'elle est loin d'être acquise. 

    "Il y a encore beaucoup d'enfants contraints de faire des activités sportives ou des filières scolaires qui ne leur conviennent pas", affirme Marie-France Zicot, coordinatrice au CEMEA. Elle entend bien casser ce moule désuet. Avec son équipe, elle a mis sur pied une formation destinée à ceux qui contribuent à généraliser, consciemment ou non, ce modèle stéréotypé femme - homme. S'il s'adresse principalement aux acteurs du milieu éducatif, le projet est cependant ouvert à tout le monde. À travers différentes activités comme des jeux de rôles ou des mises en situation… on se redécouvre. Le formateur ou la formatrice imagine des situations-problèmes et amène le participant à prendre conscience de ses propres ressources. "Ce sont des espaces de rencontre où le conflit est constructif", explique la coordinatrice. Après chaque formation, les participants reçoivent des outils et des grilles d'analyse pour comprendre autrement l'environnement et agir sur lui. "Parfois, les participants affrontent le retour au quotidien difficilement car ils perçoivent les choses différemment", conclut Marie-France Zicot. 

    Le manuel scolaire, un média comme un autre

    En première ligne de mire : les manuels scolaires. Ce matériel pédagogique alimente généreusement la matrice des inégalités sociales et professionnelles entre hommes et femmes. C'est donc dès le plus jeune âge et à l'école qu'il faut prendre le mal par la racine. Une étude sur les stéréotypes du genre, réalisée en 2012-2013 par le CEMEA, analyse la représentation des métiers dans les manuels scolaires : "huit fois sur dix c'est un homme qui exerce un métier", affirme Marie-France Zicot. 

    Les manuels comprennent aussi davantage de prénoms masculins (61 %) et une large majorité de héros hommes (87 %). Elle ajoute : "On ne peut pas changer la publicité, ni les médias, mais on peut apprendre aux enfants l'influence des stéréotypes qui sont véhiculés. Cette prise de conscience permet de reprendre un peu de pouvoir en effectuant des choix selon son libre-arbitre." Concrètement, il s'agit de désacraliser le manuel scolaire qui est un média comme un autre. En cessant de se référer à la famille type papa-maman par exemple : "la société a évolué. Aujourd'hui, il existe aussi les familles monoparentale et homoparentale".

    "Les femmes entretiennent elles aussi ces stéréotypes sexués"

    Il existe cependant des stéréotypes positifs plus difficiles à déconstruire, comme la galanterie. Dans un monde égalitaire, est-ce complètement has been de tenir la porte à une femme et d'insister pour payer l'addition ? Réponse de Marie-France Zicot : il existe un terme neutre, la courtoisie. "Pendant les formations on revoie les individus à eux-mêmes. Certaines femmes admettent qu'elles aiment se sentir protégées." Pour elle, cette prise de conscience est déjà une étape importante du cheminement vers une société où les stéréotypes sexués seraient gommés.

    CARTE D'IDENTITE

    * politologue
    * "senior research fellow" à l'institut Egmont
    * chercheure à l'université d'Oxford et de Bruxelles
    * née à Bruxelles

    SON DERNIER LIVRE

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    Et en partenariat avec La Libre Belgique.
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