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#42 EGOPUSHER

Franche connexion

Emission du
Vendredi 2 Décembre 2016

#42 EGOPUSHER

On nous les avait présentés comme un violoniste et un batteur qui pratiquent une musique "un peu particulière". Et de fait l'expression habituellement passe-partout était, pour une fois, totalement appropriée. C'est donc près de la cité de la mode de Paris que nous avons rencontré les détonants  Tobias Preisig  et Alessandro Giannelli du duo Egopusher.

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02.12.2016Denis Verloes
Aux rares belles heures d'une fin de printemps, dans un Paris chamboulé par une météo pluvieuse ayant réussi à faire sortir la Seine de son lit, nous avons été invités à venir croiser la route de rejetons musicaux de Suisse. Egopusher était en effet de passage dans un festival sur les bords de Seine, au Wanderlust. 

On a sauté sur l'occasion dans le cadre des derniers tournages de Franche Connexion [la webémission prenant une pause à fin 2016], parce qu'on ne s'était jamais jusque là pris à tourner au milieu des Saint-Bernards et que c'était une occasion exceptionnelle d'avouer qu'on n'est pas restés très au fait, depuis Paris, des nouveaux essais musicaux rock helvètes qui nous donnèrent jadis Polar, pour n'en citer qu'un parmi mes souvenirs de jeunesse.

On nous les avait présentés comme un violoniste et un batteur qui pratiquent une musique "un peu particulière". Et de fait l'expression habituellement passe-partout s'est avérée, pour une fois, totalement appropriée.

C'est donc près de la cité de la mode de Paris que nous avons rencontré les virevoltant Tobias Preisig  et Alessandro Giannelli du duo Egopusher

Francophones - mais du bout des lèvres -, ces rejetons de la Suisse alémanique pratiquent un style de musique difficile à décrire sans y prêter une oreille. Mélange de sonorités classiques naturelles et de synthèse  le groupe se définit comme "une bataille entre un violon et une batterie sur le mode progressif" chère aux années 70, ou plus proches de nous chez des groupes tels Arcade Fire, Mogwai ou Battles. Eux parlent de "musique classique pour les avant-gardes". Une musique électronique jouée organiquement ais-je envie d'ajouter.

Et franchement,  Il n'y a pas de meilleure illustration tant le violon d'Alessandro semble jouer les étalons italiens dans un combat de boxe qui le mettrait sur le ring face à Apollo Creed Tobias. Le violon virevolte de gauche à droite, entre les cordes, tandis que Preisig allonge les coups droits soutenus par la rythmique synthétique.

L'ensemble est plutôt étonnant et ce qui, sur papier, peut donner l'impression d'un demi groupe ou d'une formation artistique sans variété possible, donne réellement sa pleine mesure sur scène. Là, même dans le cadre complètement froid et sans public (malgré la soudaine chaleur de l'été) des balances au creux de la préparation d'un festival vantant les mérites helvétiques dans la capitale; même sur les rives de la Seine encore marquées de la récente crue agressive: la magie opère.

A la seule force d'un violon perché et d'une batterie puissante, parfois complétée de beats électroniques, le duo suisse parvient à démontrer que l'esprit rock ne tient pas forcément à la puissance d'un guitariste, et qu'on peut tout à fait raccorder un violon à une pédale d'effets.

L'énergie dont le duo fait preuve, balaie mes doutes initiaux et place la Suisse, quelque part, dans le rang des pays francophones où se niche l'expérimentation musicale pertinente. Celle au gré de laquelle l'histoire de la musique contemporaine finit par évoluer.

Un Franche Connexion tout en découverte, avec l'intuition de votre serviteur que ce groupe n'est qu'au tout début du cheminement de sa gloire.


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