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#39 Jo Wedin & Jean Felzine

Franche connexion

Emission du
Mardi 10 Mai 2016

#39 Jo Wedin & Jean Felzine

Elle s’appelle Johanna. Elle porte le blond platine des égéries des années 50. Elle est suédoise. Comme toutes les grandes blondes le sont.  Allons,  allons je peux bien me permettre un cliché comme seuls les sites média en ont l’habitude. Non ? Rencontre à Barbès dans un bar cossu perché dans les bas de Barbès.

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10.05.2016Denis Verloes
Elle s’appelle Johanna. Elle porte le blond platine des égéries des années 50. Elle est suédoise. Comme toutes les grandes blondes le sont.  Allons,  allons je peux bien me permettre un cliché comme seuls les sites média en ont l’habitude. Non ?

Lui, c’est Jean Felzine.  Si vous êtes  fidèle de Franche Connexion vous avez déjà eu l’occasion de croiser sa frimousse gominée d’Eddie Cochran à la française quand on était partis à sa rencontre en compagnie de ses tonitruants Mustang  quelque part dans la chambre d’Oscar Wilde à Paris.

Ces deux là, étaient faits pour se rencontrer, tant esthétiquement que musicalement. Quand Johanna débarque à Paris, en pause de son groupe MAI, elle a son bagage un peu jazzy et une envie musicale. Trouver un musicien qui l’aide à mettre en son, son fantasme de chanson « à la française ».  On lui présente Jean Felzine, qui prête parfois son talent en studio pour Séverin, ou à l’écriture pour Camélia Jordana.  Le flash musical est immédiat. Il lui ouvre son univers country, elle l’initie  aux subtilités du jazz comme on en trouverait que dans les vieux bars enfumés.  Ils décident de convoler musicalement. Leur duo « Jean et Jo » , « Jo & Jean » place les singles  auto-produits sur des ep auto-produits. On attend toujours le premier album, auto-produit, qui assoie le duo dans les mémoires.

Jean écrit les mots de Jo,  Jo ajoute une pointe de rouerie au second degré de Jean. Voici une femme, féminine jusqu’au bout des ongles qui chante des paroles à faire hurler les féministes, où les amantes se loveraient bien dans les valises de leurs beau gosses de chéris, pour les croquer du regard pendant leurs tournées à travers le monde. 

Voilà un duo où les amoureuses menacent de rester à l’auberge des regards en chiens de fusil, si les hommes ne se décident pas à redevenir les images d’Epinal qu’on leur reproche pourtant trop souvent d’être, au 21e siècle. 

Musicalement les influences de Mustang sont perceptibles, mais y sont gommées toutes les accointances punk. On y repère aussi l’art de laisser le silence créer une atmosphère comme on l’imagine dans les films de Lynch, juste avant que déboule le nain en tuxedo rouge.  Jo Wedin & Jean Felzine ont cependant trouvé une grammaire bien à eux. Ils se sont trouvés. En interview ils citent les Everly Brothers, et c’est vrai qu’il y a de  cette fratrie dans l’harmonie des deux voix, quand elles poussent la mélodie.

En cette fin de matinée printanière, nous avons emmené la native de suède et le « Puy né » auvergnat au cœur du Paris populaire, où a jailli il n’y a pas si longtemps un de ces cafés à l’anglo-saxonne un peu incongru dans ce quartier encore très métissé où les Parisiens aisés s’encanaillent au milieu des  vendeurs de cigarettes de contrebande et des habitants historiques de Barbès.  

Quoi de mieux qu’une verrière  ouverte sur la ville pour entendre chanter la canopée,  quoi de mieux que le parquet de la rotonde d’un bar pour évoquer le rock un peu voyou, quoi de mieux qu’un métro en station aérienne pour faire vivre l’imaginaire de la capitale  jusqu’à l’autre bout du monde.

Le duo complice, - c’est assez touchant quand Jo rappelle Jean à l’ordre, ou quand Jean scande le tempo pour Jo - se prête avec complaisance à nos demandes, à nos multiples prises.

Jean joue toujours aussi bien de la guitare, avec l’air de ne pas y toucher, Jo incarne à merveille la femme fatale pleine de charmes et de sensualité jouant à cache-cache avec le soleil et les nuages. 

J’espère qu’il reste quelque chose de l’imaginaire et de la bienveillance réciproque que ces deux là arrivent immédiatement à convoquer dans l’inconscient des spectateurs du jour,  conquis par la prestation de Jean & Jo, de Jo & Jean.
  

Le clip de "Idiot" évoqué dans l'interview

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