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#38 DIDIER TANGUY

Franche connexion

Emission du
mercredi 20 Avril 2016

#38 DIDIER TANGUY

En 2009 Didier Tanguy, diplômé en génie électrique, découvre le slam par le biais des ateliers d’écriture du collectif Nyabinghi Poésie. La passion est née. Il devient au Gabon, un slammeur reconnu où il enchaîne les récompenses. A l'étranger aussi il exerce sa verve et finit second aux championnat du monde de cette discipline oratoire. Rencontre avec un militant des mots, à Libreville, pour Franche Connexion.

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20.04.2016Denis Verloes
Dire de l’histoire du Gabon qu’elle remonte aux temps immémoriaux, est un euphémisme. C’est dans cette partie de l’Afrique centrale qu’on a retrouvé les plus anciennes traces  de vie sur terre,  soit environ 2,1 milliards d’années. Hé oui.

Plus tard, quand les Européens se mettent à découvrir puis exploiter les richesses naturelles ou humaines de l’Afrique,  le pays et ses villes côtières deviennent des hauts lieux du commerce portugais et hollandais dit du bois d'ébène : le voile pudique que l’histoire de l’Europe  jette sur ce qu’il convient pourtant d’appeler la traite des esclaves. 

Le Gabon est aussi un pays riche de ses matières premières : le caoutchouc, le bois, l’ivoire et plus récemment le pétrole attirent  à des époques différentes, les appétits commerciaux. La France colonise le pays depuis la moitié du 19e siècle et jusqu’en 1960 où le pays réclame son indépendance. 

Dire que son influence s’arrête le jour du départ du colonisateur serait méconnaître l’histoire contemporaine.  Les minerais et le pétrole du sol gabonais continuent d’être convoités par l’hexagone, et l’histoire contemporaine a retenu les relations de la France politique avec Omar Bongo père de Ali Bongo actuel président de la république gabonaise. 

D’ailleurs ici le français, comme dans d'autres territoires africains, est toujours  la langue qu’on apprend à l’école depuis « la grande section maternelle ». Et si l’heure n’est pas ou plus à l’interdiction de parler sa langue maternelle en public –une cinquantaine de langues sur tout le territoire gabonais -, le français reste une langue « véhicule » avec laquelle on entretient un rapport qui peut parfois s’apparenter  à de l’amour-haine.  
Revendiquer, exprimer son mal être en français révèle, au-delà des mots, l’expression d’une pensée qui ne s’arrête pas au seul choix du vocabulaire. Ici, le choix de la langue est déjà porteur de sens.

En 2009 Didier Tanguy, diplômé en génie électrique, découvre le slam par le biais des ateliers d’écriture du collectif Nyabinghi Poésie. Cette initiative est  incubée par le  label associatif Zorbam Produxions connu par ailleurs pour son attachement à la culture urbaine locale. 

En 2010 il intègre le collectif Vox Populi et y développe son slam de revendication. Il y affine  son expression du malaise d’une partie de la population qui ne profite pas de la relative richesse du pays.  

En 2013 il remporte la Coupe Nationale de Poésie urbaine, un concours organisé avec le soutien de l’Institut Français. Challenger, il est envoyé représenter son pays à la coupe du monde de slam en France et en reviendra le front ceint des lauriers de vice-champion du monde.

Aujourd’hui installé à Port-Gentil, ce compétiteur qui vient encore de rafler la seconde place de la coupe nationale de poésie urbaine multiplie les déclamations au sein du collectif Slam action

Rencontre à Libreville, dans les murs et hors les murs de l’institut français d’un pays riche de sa nature, de ses ressources et de ses mots pour dire sa colère ou le cynisme du monde contemporain. 

Le clip de "Vox Populi" 2013

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