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#24 MICHEL CLOUP

Franche connexion

Emission du
Vendredi 14 Mars 2014

#24 MICHEL CLOUP

Au panthéon imaginaire des artistes qui ont "façonné" l'histoire du rock en France, il y a Michel Cloup. Moins immédiat que Miossec, moins grand public que Noir Désir, le bonhomme a pourtant contribué à décomplexer toutes les formations rock francophones de l'hexagone de la seconde moitié des années '90. Le quarantenaire revient, aussi affûté que le jour de nos vingt ans.

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    L'ENTRETIEN

  • MUSIQUE :  Nous vieillirons ensemble

    MUSIQUE : “Nous vieillirons ensemble“

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14.02.2014Denis Verloes
Pour toute personne férue de musique francophone indépendante, âgée de plus de 35 ans en 2014, le nom de Michel Cloup évoque forcément des souvenirs musicaux et des sensations proches de la madeleine pour Proust. Enfin, plutôt que son seul nom, l'amateur se rappellera qu'avec son compère Arnaud Michniak et son groupe Diabologum ils ont amené dans le paysage audio rock français de la seconde moitié des années 90, un vent de nouveauté salvateur. 
L'auditeur se rappelle, ému, de l'album #3 et de cette manière novatrice pour  l'époque, de chanter en français avec un phrasé qui n a rien à envier aux groupes américains, de s'affranchir des diktats de la mélodie pop et des thèmes d'écriture généraux de la variété française. Il se souvient, des trémolos dans le souvenir, de la claque qu'il s'est pris a l'époque, de constater l'intrusion de  l'électronique dans les carcans du rock.

Puis la vie a continué. Les chemins se sont séparés, les genres ont muté. L'apport du bonhomme au rock de France s'est dilué dans les générations suivantes, les nouvelles vagues à la francaise, la renaissance de Michel Cloup dans EXP(erience)

Il y a une paire d'années, Michel est revenu, en solo ou presque, et sous son seul patronyme. Taillées sur l'os, ses compositions étaient d'autant plus touchantes qu'elles parlaient aux auditeurs trentenaires, comme jadis Diabologum parlait aux post adolescents. re-petite claque. Notre histoire musicale avec le bonhomme est riche de soufflets. 

Ainsi nos souvenirs vieillissent eux aussi, tandis que le regard de Michel s'orne de pattes d'oie. En 2014 Michel enfonce le Clou(p) et creuse plus profond encore le sillon de ce rock de quintessence. Armé de sa seule guitare électrique (un son à rendre jaloux les Black Keys) et de son batteur dans EXP Patrice  Cartier, le Michel Cloup duo évoque le couple qui vieillit, l'amour qui s'étiole, les soirées de biture dont on se remet de moins en moins bien. En duo, Cloup et son compère, parlent le rock comme on aimait l'entendre à la fin du siècle dernier: avec des craintes, des douleurs, du spleen et des questionnements d'adulte.

Le presque quarantenaire est surpris de retrouver la saveur musicale de sa jeunesse perdue, enrichie de la maîtrise de la note, qui n'impose plus d'en faire trop. La jeunesse contemporaine comprendra qu'au delà de l'influence musicale sur les bataillons rock de 2014 le père Cloup , armé de sa seule guitare, goûte à grandes gorgées l'eau de la fontaine de jouvence. La maturité de l'intelligence comme arme de plus. 

Rencontre sur la scène du Point Éphémère à Paris, au retour d'un concert genevois. Le duo gare la camionnette de location, dégaine la guitare et inspire le respect, malgré la ventilation de la salle qui s'amuse à jouer les trouble fêtes de la prise de son. Discrets, humbles et concernés, les deux barbus enchaînent les prises avec bienveillance. Ils répondent à nos questions et se mettent en retard pour le retour à Toulouse; six heures plus tard. 

Ainsi va la vie d'artiste: elle doit peu à la bohème. Ainsi se passe la vie d'un homme dédiée au rock: entre riff et periph'
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