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Eve s'évade. La Ruine et la Vie

Littérature

Eve s'évade. La Ruine et la Vie

Hélène Cixous

Voici le dernier secret : « On vit au sein d’un grand rêve avec ses continents et ses empires. » Hélène Cixous traverse les événements de la vie comme elle se livre à l’écriture : avec la même attention donnée à la rêverie.

« Vieux récits et petites idylles, je me livre toute à mes enchantements. » Il y a chez chacun de nous les êtres et les choses, les lieux, les souvenirs, une lumière mystérieuse, un éclat qui attire : la complicité d’un frère, l’image du cousin Albert, le columbarium des catacombes à Rome, la tour de Montaigne. Voici les rues d’Alger, les chats sauvages à Oran. On entend un choeur d’écoliers. Un joueur de flûte s’égare dans la mémoire. Fil zigzagué de l’écriture. « On roule entre les hasards. » Traces chéries d’un rêve, angoisses qui s’engrappent autour d’une vision. Cixous peint sa mère aux magnolias, son visage de pietà, « saisie muée transie tournée traduite ». Elle lui montre le tableau de Moritz von Schwind, Le Rêve du prisonnier, que Freud utilise en 1916 pour sa conférence sur les Kindertraüme. Le rêveur prisonnier est réveillé. Rêvasion, dit Cixous. Entre la « librerie » et la prison. La geôle et le jardin. La ruine et la vie. Langue de rêve, idéale, légère comme une soie. « On ne pénètre pas, on naît rêvé, on est navigué, on est échoué. » À la fois reine et louve, Vierge et Minerve, sainte et Circé, Ève s’évade. La vérité est un songe. Le rêve seul est du côté du vrai.

Aliocha Wald Lasowski

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