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La Seule | Maud Basan | 2020505738

Littérature

La Seule | Maud Basan | 2020505738

Pour son premier roman, La Seule, Maud Basan aborde le thème de la rupture et déconstruit le langage en un tour de force stylistique. Un roman de rupture... Un de plus ! La seule est en tout cas le premier - et ça n'excuse rien - de Maud Basan dont on sait peu de choses sinon qu'elle partagea longtemps la vie d'un éditeur connu. Les clichés du genre y sont présents. La narratrice les récupère et les aligne d'ailleurs chapitre après chapitre en une déclinaison des lieux communs de l'abandon. Seule, perdue, remplacée par cette « Autre » inclinée à l'occasion du texte, elle se voit aussi licenciée, expulsée, débranchée, amputée, clandestine, disparue, contaminée, étrangère, boiteuse... Mais le tour de force est de faire de cette « Perluète » qui perd la tête, la créatrice d'une littérature en mouvement constant. Une agitation, comme pour mieux dire l'émotion, au sens propre, d'un corps et d'un esprit en état de choc. « Blanc dominant », « blanc extrême » comblé du noir d'une écriture à la syntaxe bouleversée ; un corps amovible, délogé, qui trouve sa place dans un texte creusé par les mots d'une façon surprenante. Les chapitres incantatoires recréent le souvenir du quotidien, alternent avec des clins d'oeil semés sur quelques lignes, dialogues amusés, admonestations des différents « choeurs », voix multiples et feintes qui racontent cette succession de sentiments pathologiques, ce « réel irracontable ». « C'est rempli, envahi, saturé d'absence, ça occupe tout, on ne voit que ça, mais on ne voit rien justement, c'est fait de son absence à lui, à laquelle s'ajoute la négation d'elle (...) c'est fait d'absences qui s'additionnent, somme de valeurs négatives, combinaison impossible, ça n'existe doublement pas ». « Ça », c'est le texte, catalogue de banalités, qui finit par se pointer lui-même du doigt. Inventaire des possibles, la vie s'y décline, s'y conjugue au « passé décomposé » en un ensemble de code, un réceptacle. Un vide-grenier. Finalement drôle le récit devient le bric-à-brac de mots que fut cette vie d'amour, une comptine où  « Perluète » sautille d'un chapitre à un autre  sans se casser le bout du nez... Pour mieux mettre à distance et tourner en dérision une situation douloureuse, le cliché se réactive : photos de mots fixés sur la page, jeu sur la typographie et les expressions... Le no man's land laissé par la séparation, La Seule le transmue, au bout du compte, en quelque chose qui, au-delà de l'exercice de style, ressemble à de la littérature.

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