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Le Malentendu

Littérature

Le Malentendu

Irène Némirovsky

Irène Némirovsky avait à peine plus de 20 ans quand elle écrivit ce premier roman, paru en 1926 et introuvable depuis. Celle qui allait devenir l'une des jeunes gloires de la littérature française des années 1930 y montre déjà un talent confondant d'acuité de style et de lucidité. L'histoire est simple. Yves Harteloup, jeune bourgeois déclassé et mal remis du traumatisme de la guerre, rencontre à Hendaye une jeune femme mariée, Denise, dont le mari a la bonne idée de s'éclipser pour affaires. Coup de foudre, lent chemin vers le désir au cours d'un été enchanté. Puis retour à Paris, où Denise se morfond dans l'attente des signes d'Yves, tout en donnant mal le change dans son foyer. Pour combler la béance du manque, les absences de cet amant irrésolu qui ne sait comment l'aimer, elle se laisse entraîner dans une autre relation. Le Malentendu pourrait n'être qu'une amusette de jeune fille, un de ces « romans bourgeois » comme on en écrivait dans les Années folles, un peu d'eau de rose à la Paul Bourget sur fond de vacances de bon aloi. Mais le talent déjà très sûr d'Irène Némirovsky fait de cette histoire d'adultère banale une variation amoureuse très subtile, avec un troisième acteur qui n'est pas le mari, mais la guerre récente, dont les effets dévastateurs se prolongent, et qui est le véritable obstacle à cet amour. Des notations d'une étonnante finesse composent la mélodie de cette chronique des intermittences de deux cœurs empêchés.

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