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Correspondance, 1919-1961

Littérature

Correspondance, 1919-1961

André Lhote et Jean Paulhan

« Je t'en supplie change d'encre. Celle-ci est trop pâle, illisible », peste le directeur de La Nouvelle Revue française, Jean Paulhan. Un motif de discorde, un de plus, dans la relation affectueuse - et tumultueuse - qu'il entretient avec son ami et collaborateur, le peintre cubiste André Lhote. Les quelque cinquante années de correspondance réunies ici dévoilent la personnalité difficile de Lhote, volontiers élogieux à l'égard de ceux dont il apprécie le travail, mais d'une sévérité proportionnelle lorsqu'il est déçu. Ainsi fustige-t-il « cet ivrogne de Bernouard », maquettiste talentueux et piètre organisateur d'une soirée de commémoration ratée en l'honneur de Jacques Rivière, un ami commun de La NRF. « S'il y a disciple, et ingrat et raté, c'est bien lui », estime aussi André Lhote au sujet du peintre Balthus, « ce copieur de tout le monde ». D'une manière générale, Lhote ne se montre toutefois pas hermétique aux autres courants de la peinture ou aux mouvances intellectuelles qui lui sont éloignées. Mais il a plaisir à en débattre avec Paulhan. Et de ces discussions, presque ininterrompues et souvent houleuses, se dessine un véritable panorama des grands courants de la pensée intellectuelle et artistique qui ont marqué le xxe siècle. Le directeur de La NRF y accusant souvent son correspondant favori d'être injuste, même si ses lettres s'achèvent presque toutes d'un tendre « Je t'aime bien.

David Kleczewski

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