20/04/1945

La bataille de Berlin. L’Allemagne capitule

// Vidéo La bataille de Berlin

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INA : Allemagne, 20 avril 1945

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INA : Berlin en ruines

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Les Russes franchissent la frontière allemande. Devant les Soviétiques, des millions d’Allemands fuient éperdument. Surtout les Allemandes qui craignent les viols, innombrables. L’Allemagne est entrée en agonie, les Soviétiques encerclent Berlin, mais Hitler ne s’avoue pas vaincu. Pour lui, Berlin « ...sera un Stalingrad à l’envers. »
Les lance-fusées russes, écrasent ses derniers soldats, qui se rendent les uns après les autres. Pendant deux semaines, c’est l’enfer jour et nuit. Seuls résistent jusqu’au bout quelques désespérés et quelques fanatiques, comme les quatre cents SS français de la division Charlemagne, qui font face à cent mille russes.
Sous les ruines de la Chancellerie, dans son bunker souterrain, Hitler tempête et manœuvre des armées imaginaires, entouré des derniers fidèles, qui profitent d’une accalmie pour remonter à la surface et fêter son anniversaire, le 20 avril. Hitler a 56 ans. Il réconforte des « Jeunesses hitlériennes » choisis parce que leurs parents viennent de mourir dans le bombardement de Dresde. Le 25 avril les armées russes et américaines se rejoignent à Torgau.
Pendant deux semaines, c’est l’enfer jour et nuit. Seuls résistent jusqu’au bout quelques désespérés et quelques fanatiques. Le 30 avril 1945, à Berlin, les Russes sont à 300m du Führer bunker. Hitler épouse Eva Braun tue sa chienne Blondi. La mariée avale une pilule de cyanure. Hitler se tire une balle dans la tête. Goebbels et sa femme se suicident. Magda Goebbels avait d’abord empoisonné ses enfants. Dans sa dernière lettre elle avait écrit : « Le fait que nous puissions finir nos vies avec le Führer est une bénédiction du destin, que nous n’aurions jamais osé espérer. » Les SS tentent de brûler les corps. Les Soviétiques feront disparaître les ossements.
Le 2 mai 1945, les Soviétiques plantent le drapeau rouge sur le Reichstag. Les principaux chefs nazis sont capturés.
Pour vaincre l’Allemagne hitlérienne, le sacrifice russe a été immense : 20 millions de civils sont morts et 8 millions de soldats. Près de 15% de la population de l’Union soviétique.
Le 8 mai 1945 le dernier chef de la Wehrmacht, le maréchal Keitel, signe la capitulation sans conditions de l’Allemagne nazie, devant le Russe Joukov, son ennemi mortel, entouré des Alliés, l’Anglais Tedder, l’Américain Spaatz et le Français de Lattre de Tassigny.
Plus tard Keitel sera jugé au procès international de Nuremberg. Il sera pendu, comme beaucoup de criminels de guerre.

D’après "Apocalypse, la deuxième guerre mondiale", une production CC&C

Témoignage : Günther Grass a 17 ans.

Extrait des mémoires de l’écrivain allemand Günther Grass, sur son « baptême de feu » comme jeune adolescent d’à peine 17 ans durant les derniers combats de la guerre. Avec leur chars et leur cuisine roulante, son unité hétéroclite de fantassins et tireurs de chars était stationné dans une forêt, sans trop savoir ce qui les attendait : préparer une contre-attaque ou créer un verrou de défense ?

« Les arbres bourgeonnent, le soleil chauffe, des bruits d’oiseaux. Nous attendons en somnolant. Quelqu’un joue de l’harmonica. Un autre soldat fait de la mousse pour se raser. Puis, subitement – ou alors le silence soudain des oiseaux avait il été suffisamment fort pour être annonciateur ? – le bruit des orgues de Staline s’abat sur nous. Il ne reste que peu de temps pour comprendre pourquoi elles portent se nom. A cause de leurs hurlements, feulements, trépidations ? (…) Je me vois encore ramper en dessous d’un char Panther, comme on me l’avait appris. Puis quelqu’un d’autre me rejoint. (…) Nos bottes se touchent. (…) Pendant trois minutes, une éternité, les orgues jouent. De peur, je me pisse dessus. Puis silence. A côté de moi, j’entends des couplets de claquements de dents. Non, les claquements avaient déjà commencé avant la fin du concert des orgues de Staline, et continuaient encore alors que les hurlements des blessés couvraient tout autre bruit.
Ce laps de temps fut court, mais efficace : cette première leçon m’a enseigné la peur. (…) Je me vois ramper dans un mélange de terre de forêt retournée et de feuilles mortes pourries, un mélange dans lequel j’avais pressé mon visage autant que les orgues de Staline avaient donné le la, et dont l’odeur restera gravé dans ma mémoire.
Me relevant, encore chancelant, je suis assailli par un flot d’images : autour de nous la forêt est en pièces, les bouleaux brisés comme des allumettes. (…) Des corps dispersés jonchent le sol, isolés, en tas, mort ou encore en vie, voûtés, embrochés par des branches, criblés d’éclats d’obus. Certains corps étaient emmêlés de façon acrobatique. On pouvait aussi trouver des bouts de chair, des membres. Ceci était le garçon qui, toute à l’heure, avait habilement joué de l’harmonica ?
Le soldat qui se rasait tout à l’heure est reconnaissable à la mousse sèche sur son visage. Au milieu de tout ça des survivants à quatre pattes ou debout, figés comme moi. Certains crient, bien qu’indemne. Quelqu’un sanglote comme un petit enfant. Je reste planté là, mon pantalon mouillé de pisse, en regardant le corps ouvert, béant du garçon avec lequel j’étais encore en train de papoter de je-ne-sais-plus-quoi il y a quelques instants. Ses entrailles. Son visage rond, qui semblait comme atrophié au moment de la mort. (…)
Tout d’un coup, à côté de moi, celui qui n’avait cessé de claquer des dents se révèle être un gradé de la Waffen-SS. Le Ritterkreuz de travers. Un héro comme dans les actualités, qui nous avaient baratinés pendant des années avec des héros de ce calibre. sz…] Il m’intime : « Ne restez pas planté là, soldat ! Rassemblez ! Rassemblez immédiatement tous les hommes en mesure de combattre. Prenez de nouvelles positions. Allez ! Il faut préparer la contre-attaque. »
Je le vois s’affairer au-milieu des corps déchiquetés, des morts, des survivants. Il crie, gesticule, ridicule, il n’est plus un héro comme dans les livres. Aujourd’hui, je lui suis reconnaissant, car le spectacle qu’il a livré en plein milieu de notre unité écrasé, a dévalorisé cette image des héros de mon enfance. Quelque chose se disloque. Mon système de croyance est atteint, bien qu’il s’avèrera encore opérant pendant un moment. »


Traduit du texte allemand Beim Häuten der Zwiebel, Steidl Verlag, 2006 ; p. 140-142

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