TV5MONDE Le Caire : carte postale interactive : reportages photographiques, sons, vidéos, panoramiques 360°, musique et ressources documentaires.
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  Les nécropoles musulmanes du Caire, plus communément appelées cité des morts, sont une composante importante de la ville. L’ensemble représente 6,4% de la superficie totale. Un nombre impressionnant de mausolées, tous plus beaux les uns que les autres, une grande diversité d’espaces et d’architectures font de cet endroit un lieu incontournable du Caire.

  Ce n’est pourtant pas pour ces raisons que la cité des morts défrayent régulièrement la chronique, dans la presse occidentale comme dans les colonnes des journaux locaux. Ici en effet, autour des tombes ou même à l’intérieur, toute une population s’est installée. Et si des chiffres, dont certains semblent farfelus – on passe ainsi de 1 millions à 600 000 ou encore 200 000 habitants dans la cité, selon les sources - nul ne peut contesté que la vie a pris forme et s’est organisée avec tout ce que cela comporte : des enfants qui jouent, des échoppes, des cafés. " En Islam, la mort n’a jamais fait peur ", raconte l’un des habitants. " Et de tout temps, il y a eu des gens qui vivaient ici, avec leurs morts ".


La cité des morts s'étend sur plus de 850 ha et abrite de magnifiques ausolées (photo de droite)


  Ceux-là n’ont pas l’intention d’être considérés comme des miséreux. " Bien sûr la majorité d’entre nous n’a pas vraiment choisi de vivre ici. Les logements sont trop chers en ville. Il faut bien habiter quelque part. Mais en fait on est pas plus malheureux ici que dans certains quartiers du Caire ". Les infrastructures sanitaires seraient même meilleures que dans les bidonvilles, l’eau et l’électricité parvenant à la majorité des caveaux. 80% des familles occuperaient une maison indépendante avec toilette privée, selon une enquête de l’hebdomadaire francophone Al-Ahram. Et c’est bien là le hic ! Las de la vision misérabiliste et négative donnée par de nombreux médias, le gouverneur du Caire cherche des solutions. Faire partir les gens ? Mais pour les loger où ? Ceux qui habitent là n’ont sans aucun doute pas les moyens de payer les loyers pratiquer en ville, nouvelle ou pas. Déménager les morts ? Un programme de 110 000 transferts de tombes vers les villes nouvelles est en cours, ce qui provoque débats passionnés et déchirements, notamment pour les croyants : " l’âme du défunt descend chaque jeudi dans le lieu où son corps est enterré pour rencontrer ses proches et ne quitte l’endroit que le vendredi, après la prière. Les défunts n’ont-ils plus droit au respect ", s’indigne Ismaïl. Lui n’habite pas là mais vient tous les vendredis, avec sa femme et ses enfants, visiter son père. Un vendredi en famille, où l’on sert le thé et les gâteaux, où l’on présente au défunt le dernier-né, Mohammed, où l’on rit des dernières blagues, où l’on est ensemble, entre vivants…


à gauche : de nombreuses tombes comportent au moins trois à quatre pièces
au centre : la famille d’Ismaïl vient tous les vendredis passer la journée autour de la tombe du grand-père
à droite : ci, la vie s’est organisée et chacun vaque à ses occupations



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