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  Il existe de nombreuses ethnies au Sénégal. Certaines d’entre elles sont depuis longtemps installées dans la région, d’autres sont venues plus tard au gré des guerres, conquêtes, sécheresses… Selon Cheik Anta Diop, historien sénégalais, le berceau des principales tribus du pays et de la Gambie serait l’Egypte. Pour asseoir cette théorie, l’historien se base sur de nombreux indices archéologiques ou linguistiques et sur diverses sources, venant notamment de la tradition orale africaine mais aussi des écrits grecs et arabes. Reste que les ethnies principales rassemblent souvent des sous-groupes qui parlent des langues parfois très différentes des autres sous-groupes de la même ethnie. Et les choses se compliquent d’autant plus que les recensements des populations en Afrique est extrêmement difficile, du fait de la grande mobilité des habitants et d’un état-civil encore naissant. Essayons cependant d’y voir plus clair :

  Les Wolofs-Lébous-Sérères : ce groupe de trois ethnies rassemble la population du Sénégal Nord. Ils sont majoritaires, en grande partie musulmans et sont au pouvoir depuis l’indépendance.

Jeune homme Wolof
Les Wolofs constituent le groupe ethnique le plus important. Leur nombre (27%) leur a permis dès l’indépendance d’imposer leur langue comme langue nationale et le wolof est aujourd’hui parlé par près de 80% de la population. Les wolofs sont traditionnellement des cultivateurs sédentaires qui produisent l’essentiel de l’arachide du pays. S’ils ne sont pas commerçants de nature, ils détiennent néanmoins quelques boutiques sur l’ensemble du territoire. Malgré leur majorité en nombre, ils n’ont jamais été au pouvoir autant que l’ont été les Sérères pourtant moins nombreux. Ils sont très accueillants et les ménagères sont les cordons bleus du pays – elles sont d’ailleurs à l’origine des desserts au Sénégal avec le Fondé et le Lakh. Ils sont à 99% musulmans et constituent la majorité des Talibés de la confrérie mouride.
Pêcheur sérère
Les Sérères (17%) sont incontestablement l’élite du pays. A la tête des hauts postes de l’administration et chefs de grandes entreprises, le pouvoir leur donne une importance historique. Le premier président, Léopold Sédar Senghor était Sérère. Si de nombreux Sérères sont musulmans, ils forment aussi la deuxième communauté catholique du pays et la plus ancienne. Aujourd’hui, chapelles et églises ont leur place dans tous les villages. Et c’est grâce à la communauté catholique notamment, et surtout au travers ses écoles, aussi efficaces que prestigieuses, que les Sérères ont pu former la matière grise du Sénégal. Ils ont de loin le meilleur taux d’alphabétisation du pays. Culturellement et historiquement, les Sérères ont un passé prestigieux de guerriers et ils sont à l’origine du sport national : la lutte sérère, qui fait le plaisir télévisé dominical des Sénégalais.
Les Lébous (7%), bien qu’étant une ethnie à part entière, sont presque entièrement " wolofisés ". Ce sont les premiers et principaux occupants de la presqu’île du Cap Vert. Peuple de pêcheurs, ils habitent la plus grande ville et la plus moderne du pays (Dakar) mais il ont un taux d’alphabétisation déplorable. Ils sont en majorité musulmans de la confrérie Layène. On tend de plus en plus à les associer aux Wolofs dont ils ont adopté à quelques mots près le dialecte.

  Les Peuhls-Toucouleurs-Sarakolés : ce groupe présent sur l’ensemble du territoire est néanmoins originaire des régions les plus désertiques du Sénégal et du Mali. Nomades par excellence, on les retrouve dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest malgré leur progressive sédentarisation. Ils sont à l’origine de l’islamisation des autres ethnies du pays.
Jeune fille Peuhl
Les Peuhls (5%) sont l’une des éthnies les plus connus d’Afrique et la plus disséminée. Musulmans orthodoxes ou membres de la confrérie Tidjane, leur activité traditionnelle est l’élevage. Mais, au fil des années, les difficiles conditions climatiques et l’explosion démographique les ont conduits à exercer d’autres métiers : coiffeur, taximan et petit marchand sont les principaux. Ils sont assez peu scolarisés et ont les retrouve rarement aux hautes places en politique comme dans les affaires.
Femme toucouleur
Les Toucouleurs (10%) : très proches historiquement et socialement des Peulhs, ils vivent dans les mêmes régions. Ils sont cependant plus impliqués dans la vie économique du pays. Ce sont les grands guerriers du Sénégal. Grands commerçants ils détiennent un nombre important de petites boutiques. Maîtres dans l’art de la grillade, ils ont ouvert, en outre, un grand nombre de " dibiteries ", vendant ainsi la viande des moutons élevés par leur famille.


Jeune fille Diola
Les Soninkés (ou appelés aussi Sarakolés) représentent environ 3% de la population sénégalaise.

Les Forestiers sont les ethnies habitant la Casamance. Ils sont à majorité catholiques mais ont une lointaine tradition animiste qu’ils souhaitent souvent préserver. Parmi les Forestiers on compte les Diolas, de loin l’ethnie majoritaire, mais aussi les Balantes, les Manjaques, les Mankagnes, les Karolinkas, les Baïnouks et les Pepels.

Les ethnies Niaks et Mandingues rassemblent quant à elles les Malinkés, considérés comme les grands sorciers du Sénégal – leur animal fétiche, le lion, est présent dans tous les récits et légendes – et les Bambaras.

Il existe également au Sénégal quelques ethnies autochtones rares dont font partis les Bassaris, les Tendas Bediks, les Coniaguis, les Diarankés, les Niominkas. Soninkés.

Vendeur de bijoux maure
Reste les Nakhs, qui sont la dénomination générale des habitants issus d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Ils ont au Sénégal une grande importance puisqu’ils constituent la première communauté étrangère, juste avant les Français. Les deux nationalités les plus représentées sont les Libanais qui travaillent principalement dans les tissus et la restauration rapide et les Maures. On constate également depuis deux ou trois ans une arrivée massive d’Algériens qui se sont installés dans la région de Dakar. Mais les Maures de Mauritanie restent les Nakhs les plus nombreux. Une grosse partie du petit commerce sénégalais leur appartient et constitue une de leurs deux activités, la seconde étant la fabrication de bijoux et autres objets en argent.

C’est au moment de son accession à l’indépendance que le Sénégal, comme la plupart des Etats africains francophones a choisi le français comme langue officielle, comme le stipule l’article 1 de la constitution. Cette clause constitutionnelle faisait du français la langue de la présidence de la République, de l’Assemblée nationale, de l’administration publique, des cours de justice, des forces armées et policières, de l’enseignement à tous les niveaux, de l’affichage, des médias… Avec l’arrivée de Léopold Sédar Senghor à la tête de l’Etat sénégalais, un président à la fois poète et linguiste, le Sénégal s’est engagé sur la voie de la valorisation des langues nationales. Les six langues les plus importantes du pays ont été ainsi codifiées et se sont dotées d’un alphabet. Et en 1971, un décret présidentiel retenait six langues promues au rang de " langues nationales " : le wolof, le peul, le sérère, le diola, le malinké et le soninké.

Dans la pratique, l’enseignement des langues nationales n’a pu réellement commencé qu’en 1978 et s’est limité aux deux premières classes du primaire. Et en 1981, on ne comptait qu’une quinzaine de classes, toutes en wolof, à l’exception d’une classe expérimentale en sérère.

Reste que le français devrait pendant de longues années encore conserver son statut privilégié, l’autre langue dominante étant le wolof. Deux raisons principales à cela : 86% des Sénégalais analphabètes veulent apprendre le français pour obtenir une bonne situation ; le wolof est déjà employé comme langue véhiculaire par au moins 80% de la population et est donc tout indiqué comme langue importante à l’école. L’avantage que le wolof a eu sur les autres langues nationales ne s’explique d’ailleurs pas tant par le nombre des natifs wolofs ou par leur répartition géographique que par le fait que les premiers contacts des puissances coloniales s’effectuèrent avec les Wolofs et firent de l’aire wolof le pôle d’attraction des autres ethnies. C’est en milieu wolof que virent le jour les premiers comptoirs et avec eux le développement de la culture de l’arachide.

Vous trouverez ci-dessous quelques expressions en wolof qui vous permettront, au cours d’un prochain voyage au Sénégal, d’épater vos hôtes. Et pour les mordus, nous vous donnons l’adresse d’un site qui vous propose des cours de wolof sur le net ce qui vous évitera de dire " degouma
ouolof " ! ! !



Expressions courantes en wolof

Comment vas-tu ? Nanga def ?
Je vais bien Mangi fi rek
Comment tu t’appelles ? Nanga toud ?
Où est-ce que tu habites ? Fan nge deuk ?
Combien ça coûte ? Bi niata ?
C’est trop cher. Cher na trop.
C’est beau. Rafet na.
Tu est beau (belle). Rafet nga.
Merci. Dieuredieuf.
Papa. Baye.
Maman. Yaye.
Je suis perdu. Dama rèere.
Je ne comprends pas le wolof. Degouma ouolof.
Je t’aime beaucoup. Nobnala trope.
Bonjour. Diama ngma.
Bonsoir. Fanane diam.

Les chiffres de 1 à 20
1 : ben
2 : niar
3 : niet
4 : nient
5 : diourome
6 : diourome ben
7 : diourome niar
8 : diourome niet
9 : diourome nient
10 : fouk
11 : fouk ak ben
12 : fouk ak niar
13 : fouk ak niet
14 : fouk ak nient
15 : fouk ak diourome
16 : fouk ak diourom ben
17 : fouk ak diourome niar
18 : fouk ak diourome niet
19 : fouk ak diourome nient
20 : niar fouk

 
LIEN
Pour savoir le wolof sur le bout d’un clic :
http://www.senegalaisement.com/body/bodywolof.htm
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